Le mouvement des salariés sans papiers a gagné en visibilité, hier, avec l'évacuation des salariés de la F
édération nationale des travaux publics (
FNTP) de leurs locaux, occupés depuis le 12 Octobre. "Une première pour une organisation patronale", en réponse à "une atteinte à une liberté publique fondamentale, celle de la liberté syndicale" s'est ému Patrick Bernasconi, président de la
FNTP à l'occasion d'un point presse délocalisé à quelques centaines de mètres, contrôle de la carte de presse et service d'ordre à l'appui. Depuis a mi-octobre, des centaines de sans-papiers occupent plusieurs sites d'Ile-de-France, notamment dans les secteurs des travaux publics et la propreté, où ils sont plus souvent employés, dénonçant "l'arbitraire préfectoral" dans l'examen des dossiers de régularisation des salariés sans papiers ("les Echos" du 19 Octobre).
"Je n'ai pas un double cerveau" Le sujet prend du relief avec la position actuelle de
Patrick Bernasconi, chef de la file patronal de la délibération sociale sur la modernisation du dialogue social (instances représentatives du personnel, TPE, partage de la valeur, etc.) L'occupation de la
FNTP s'effectue "sous la revendication assumé de la CGT", a critiqué Patrick Bernasconi et "rend impossible, dans l'état la poursuite d'un dialogue responsable". Dans l'attente de la décision du tribunal de la grande instance de Paris, lundi, d'ordonner ou non une évacuation des lieux,
FNTP a déjà décidé de suspendre les négociations paritaires dans la branches, ce qui concerne essentiellement celle sur l'emploi des seniors. Mais, au niveau national et interprofessionnel "je me pose des questions sur la façon dont je peux mener mon rôle. Je n'ai pas un double cerveau", a prévenu Patrick Bernasconi. Le Medef est pour l'instant resté en retrait, publiant mercredi un communiqué pour "faire part de son entière solidarité" avec
FNTP, et renvoyant la question de l'harmonisation des règles de régularisation des sans papiers "à l'entière responsabilité des pouvoirs publics".
"Nous sommes dans un vrai conflit social et il faut en sortir en parlant social "plaide de son côté Francine Blanche, secrétaire confédérale de la CGT en charge du dossier. Les cinq syndicats ont débuté hier des discussions au ministère de l'immigration, avec un prochain rendez-vous fixé mardi.