| 16 Avril 2009
"Nous avons eu des années extraordinaires. mais aujourd'hui nous sommes en pente vertigineuse et je ne sais pas si nous aurons un matelas pour atterrir". Bruno Cavagné. le président de la ation régionale des travaux publics ne peut que faire le constat : "Les travaux publiques en Midi-Pyrénées figurent parmi les plus sinistrés en France. "
Et c'est un véritable cri d'alarme qu'il lance le 10 Mars devant la presse, comme il l'avait déjà fait il y a plus d'un mois. "Les carnets de commandes sont passe de plus de cinq mois en Octobre 2008 à moins de trois mois aujourd'hui. Certains entreprises subissent des baisses d'activité de 50% et si les affaires ne reprennent pas dans les deux mois à venir, c'est l'emploi qui sera touché."
Or, les 500 entreprises du secteur Midi-Pyrénées n'emploient pas moins de 13000 personnes, dont la moitié sur la seule agglomération toulousaine...
La ation a en effet recensé pas moins de 450 chantiers de moins de 50M€ qui pourrait immédiatement démarrer. Un ensemble totalisant 1 milliard d'euros de chiffres d'affaires pour six mois d'activités ou l'équivalent de 6100 équivalents emplois. "Ce sont des chantiers courants, pas des grands travaux. Ils sont en partie financés et programmés pour 2009-2010. Pourtant ils ne sont pas mis en route " souligne Bruno Cavagné.
Un Million d'investissement pour huit emplois
Victime à la fois du retournement de conjoncture après des années d'euphorie autour de l'aéronautique et de l'immobilier, comme du traditionnel ralentissement dans les années post-électorales, le secteur met en avant également le passage en communauté urbaine "qui tombe au plus mauvais moment pour nous, avec des chantiers qui ne démarrent pas simplement pour des raisons de mise en place."
Et Bruno Cavagné d'enfoncer le clou : "Des élus nous disent que les choses vont sortir dans les prochains mois. Mais nous n'avons pas le même calendrier ! S'il n'y a pas sorties d'ici deux mois, la situation sera plus que préoccupante pour ne pas dire catastrophique."
Les prévisions d'activité effectuées par la ation tablent en effet sur un recul global de l'activité de 15 à 20% dans la région, suivant les départements et les secteurs, les terrassiers, les routiers et les canalisateurs étant particulièrement touchés.
Côté effectif. après avoir, comme tous les secteurs, supprimé les intérimaires, la tendance globale est à la baisse entre 5 et 10% de prévu sur 2009 pour les travaux publics. Et le secteur se retrouve ainsi pris entre deux feux. "Depuis cinq ans, nous devons embaucher 1500 personnes par an pour paliers les départs en retraite. Nous incitons nos entreprise à continuer à le faire, mais la soudaineté de cette crise les conduis avant tout à faire face . Or, si nous ne continuons pas, structurellement, à former, dans les années à venir, nous aurons un gros problème de personnel" précise Bruno Cavangé.
Pour l'heure, fort de ce recensement précis des projets en cours qui ne demandent qu'à démarrer, la FRTP va à nouveau reprendre son bâton de pèlerin pour étudier, au cas par cas, pourquoi tel ou tel chantier ne démarre pas. 450 projets dont l'essentiel concerne les routes et autoroutes (en montant 62% du total ), les aménagements urbains et VRD (10%) et l'eau et assainissement (10%). L'accueil est plutôt bon du côté des élus locaux, souligne le président de la ation :" Nous avons écrit à l'ensemble des collectivité et reçu pas mal de réponses. Globalement on nous comprend et on nous assure un bon an, mal an, es projets vont aboutir. Mais il faut que cela aille vite. C'est un message que nous avons du mal à faire passer."
Outre ce court terme, face à des collectivités qui mettent souvent en avant des transferts de compétence de l'Etat sans les ressources, la ation travaille enfin dans deux directions pour que les investissements en infrastructures ne chutent pas alors que, Midi-Pyrénées n'a eu droit qu'à peu de retombées du plan de relance gouvernemental. D'une part, le secteur mobilise actuellement des fonds professionnels qui pourraient être prêtés à taux bonifiés, pour des investissements locaux. D'autre part, la création d'un Livret des infrastructures durables (voir par ailleurs). Une dimension locale essentielle pour Bruno Cavagné : "Nous avons 1300 emplois non-délocalisables et les investissements sont autant d'argent qui est réinjecté dans l'économie locale. Un million d'euros investis, c'est huit emplois. Notre action ce n'est pas du lobying pour nos propres intérêts, c'est du développement économiques pour le territoire."


